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Mot du maire

Le mot du Maire

05/04/2019
Le mot du Maire

 « Le constat est sans appel. L’exercice de fonction de maire se révèle de plus en plus difficile.

Les raisons en sont multiples : le manque de moyens pour agir, le manque de reconnaissance de l’Etat, les relations complexes avec les Intercommunalités, la lourdeur de la charge de travail. Côté administrés, le niveau d’exigence est très élevé, les citoyens se comportant de plus en plus comme des consommateurs exigeants qui souhaitent un service rapide et de qualité, sans se sentir acteurs de la vie de la Cité. Et pourtant, le maire reste l’élu préféré des Français (58%). » (Regard Territorial, N° 10, mars 2019, le magazine d’information du CDG13)

Je ne peux hélas, qu’abonder dans le sens de ces propos tant aujourd’hui, la fonction de maire est devenue exigeante, prégnante, frustrante et finalement épuisante.

Le service public se dégrade : retrait de la Poste, désert médical, fermetures d’hôpitaux et du Trésor Public, ce qui crée un sentiment d’abandon. La généralisation de la dématérialisation des services publics creuse des différences entre communes urbaines et communes rurales où Internet a du mal à passer et touche particulièrement les personnes âgées qui n’ont pas forcément les connaissances nécessaires. « Quand est-ce qu’on arrête la machine à broyer la proximité ? » a demandé Monsieur Legendre, Maire d’Iville et Président de l’Union des Maires de l’Eure lors d’un débat. « Il faut remettre les fonctionnaires à portée d’engueulades » a précisé le Président Macron !

Le jeudi 28 mars, Madame la Ministre de la Cohésion Territoriale et des Relations avec les Collectivités Territoriales, a honoré de sa présence le Bureau Métropolitain. Après plusieurs prises de paroles de mes collègues, j’ai soulevé la question du devenir des « petites » communes rurales que je pressens appelées à disparaître tôt ou tard. Après m’avoir rassurée en affirmant que ce n’était pas dans l’esprit du Gouvernement actuel et me jugeant sceptique suite à ses propos, elle a conclu par cette phrase sibylline : « par le volontariat, Madame, il vous reste la création d’une commune nouvelle avec une commune voisine ! ». Vous en tirerez les conclusions…

La décentralisation, les services publics, le logement social, le transfert de compétences vers les Intercommunalités, la marge de manœuvre des élus locaux, les difficultés de transports, sont autant de sujets sur lesquels les maires ont fait entendre leurs inquiétudes. « Que l’Etat s’occupe du régalien et donne plus de liberté et de marge de manœuvre au local » (Alain Torrent, maire de Céret)

Les finances et la fiscalité locale ont cristallisé les mécontentements : la suppression de la taxe professionnelle, la baisse des dotations et aujourd’hui la disparition de la taxe d’habitation, sans aucune information sur le mécanisme de compensation, sont le souci permanent des élus.

Les maires, dans leur ensemble, continuent à défendre les droits des citoyens mais les décisions finales ne sont plus dans leur camp. L’Europe, le Gouvernement et les Intercommunalités sont les réels décisionnaires. Il nous reste les urnes, c’est pourquoi je vous engage vivement à venir voter le dimanche 26 mai pour les élections européennes.

Vous seuls pouvez agir sur votre quotidien en déposant votre bulletin dans les urnes !

 

                                                                          Martine Césari